La puissance narrative des objets
février 2003
par Denise Pelletier
(DP) - Des objets blancs ou roses, des formes rondes, gonflées, des surfaces douces: tout cela évoque les courbes du corps féminin, la matrice, le sein.
Et pourtant, ce n’était pas du tout la thématique choisie par Ane-Marie Fortin: «je n’avais pas vu cet aspect, je l’ai découvert après coup en regardant mes oeuvres», dit l’artiste à propos de l’exposition qu’elle présente à la galerie l’Oeuvre de l’autre jusqu’au 27 février. Preuve que des forces insconscientes sont à l’oeuvre dans tout processus de création.
Son propos était plutôt de réaliser un «détournement d’objets», en s’intéressant à leur aspect formel et en évacuant totalement leur aspect utilitaire.
C’est bien d’ailleurs ce qu’elle a fait et le résultat, cette exposition intitulée «À l’insu des objets», est à la fois original, fascinant et esthétiquement séduisant. Ses objets de base: un lavabo, des gobelets, des ballons (ballounes) gonflés ou non. Ils ont servi de supports (présents ou non dans l’oeuvre finale) pour des moulages en plâtre ou en cire, résultat d’un véritable processus de transformation, de redéfinition et de détournement.
«C’est l’aspect formel des objets qui m’inspire», souligne l’artiste, qui met en valeur leur plasticité et leur potentiel esthétique. Elle travaille sur les contrastes et les contraires: négatif et positif, plein et creux, endroit et envers, traités par la répétition et les séries qui deviennent des oeuvres accrochées au mur, disposées par terre ou suspendues par des fils.
Lucie Lapointe
Traduire la vie en couleurs
janvier 2003
par Denise Pelletier
(DP) - Petite fille, Lucie Lapointe dessinait tout le temps. Elle «barbouillait» ses cahiers de classe et toutes les feuilles de papier qui lui tombaient sous la main. Elle était l’élève «bonne en dessin» à qui on demandait régulièrement d’illustrer les travaux et présentations scolaires.
Pas étonnant donc qu’elle soit aujourd’hui artiste peintre. Ni qu’elle y puise bonheur, joie, réconfort. «J’adore la peinture, c’est une vraie passion», dit cette artiste lors d’une rencontre qui a lieu dans sa maison de l’arrondissement Jonquière. Ce qu’elle veut faire à travers ses toiles, c’est traduire en couleurs la beauté de la vie. Et cette beauté, elle la trouve surtout chez les enfants, ceux qu’elle voit aujourd’hui et ceux de ses souvenirs. Des enfants qui jouent, un bébé avec sa mère, deux petits avec leur père, tout cela émerveille celle qui se qualifie de «mère poule avancée». Elle aime observer longuement de telles scènes quand elle en trouve sur sa route.
Les couleurs vibrantes de ses toiles, la juxtaposition de teintes chaudes et froides, réalisées par coups de pinceau amples et tout en courbes, expriment cette passion. Ainsi que le choix de ses sujets: ses scènes se passent exclusivement à l’extérieur, il
janvier 2003
par Denise Pelletier
(DP) - Petite fille, Lucie Lapointe dessinait tout le temps. Elle «barbouillait» ses cahiers de classe et toutes les feuilles de papier qui lui tombaient sous la main. Elle était l’élève «bonne en dessin» à qui on demandait régulièrement d’illustrer les travaux et présentations scolaires.
Pas étonnant donc qu’elle soit aujourd’hui artiste peintre. Ni qu’elle y puise bonheur, joie, réconfort. «J’adore la peinture, c’est une vraie passion», dit cette artiste lors d’une rencontre qui a lieu dans sa maison de l’arrondissement Jonquière. Ce qu’elle veut faire à travers ses toiles, c’est traduire en couleurs la beauté de la vie. Et cette beauté, elle la trouve surtout chez les enfants, ceux qu’elle voit aujourd’hui et ceux de ses souvenirs. Des enfants qui jouent, un bébé avec sa mère, deux petits avec leur père, tout cela émerveille celle qui se qualifie de «mère poule avancée». Elle aime observer longuement de telles scènes quand elle en trouve sur sa route.
Les couleurs vibrantes de ses toiles, la juxtaposition de teintes chaudes et froides, réalisées par coups de pinceau amples et tout en courbes, expriment cette passion. Ainsi que le choix de ses sujets: ses scènes se passent exclusivement à l’extérieur, il
Lucie Lapointe
Attendre sagement son heure
janvier 2003
par Denise Pelletier
(DP) - Quand elle avait sept ans, Lucie Lapointe a visité l’atelier d’un artiste peintre avec ses parents, et ce fut une véritable révélation. Fortement impressionnée, elle a compris qu’elle voulait elle aussi faire cela, créer des images colorées qui «parlent» à ceux qui les regardent. Tous ces dessins qu’elle faisait quasi machinalement depuis des années allaient lui servir, enfin.
Cependant, elle a sagement attendu son heure, tout en continuant à dessiner chaque fois qu’elle en avait l’occasion. L’heure est venue ... en plusieurs étapes. D’abord à 19 ans, pendant une courte période où elle s’est retrouvée sans travail: elle est allée acheter des toiles et des tubes de couleurs et a peint pendant deux mois. Ce qui a confirmé son goût et sa passion pour la peinture.
Mais ensuite, elle a décidé de remettre à plus son projet de devenir peintre. Elle a travaillé un peu, puis elle s’est occupée de ses enfants. Dès qu’ils furent à l’école, elle a recommencé à peindre, cette fois plus sérieusement: pendant quatre ans, elle s’est formée. Elle a suivi quelques ateliers avec Jean-Paul Lapointe et Marcel Fecteau, et pour le reste, elle y est allée avec sa sensibilité, d’abord à tâtons, puis,
janvier 2003
par Denise Pelletier
(DP) - Quand elle avait sept ans, Lucie Lapointe a visité l’atelier d’un artiste peintre avec ses parents, et ce fut une véritable révélation. Fortement impressionnée, elle a compris qu’elle voulait elle aussi faire cela, créer des images colorées qui «parlent» à ceux qui les regardent. Tous ces dessins qu’elle faisait quasi machinalement depuis des années allaient lui servir, enfin.
Cependant, elle a sagement attendu son heure, tout en continuant à dessiner chaque fois qu’elle en avait l’occasion. L’heure est venue ... en plusieurs étapes. D’abord à 19 ans, pendant une courte période où elle s’est retrouvée sans travail: elle est allée acheter des toiles et des tubes de couleurs et a peint pendant deux mois. Ce qui a confirmé son goût et sa passion pour la peinture.
Mais ensuite, elle a décidé de remettre à plus son projet de devenir peintre. Elle a travaillé un peu, puis elle s’est occupée de ses enfants. Dès qu’ils furent à l’école, elle a recommencé à peindre, cette fois plus sérieusement: pendant quatre ans, elle s’est formée. Elle a suivi quelques ateliers avec Jean-Paul Lapointe et Marcel Fecteau, et pour le reste, elle y est allée avec sa sensibilité, d’abord à tâtons, puis,
Nathalie Maranda
L'art pour dénoncer la barbarie
décembre 2002
par Denise Pelletier
(DP) - L'installation que présente Nathalie Maranda au Centre national d'exposition jusqu'au 26 janvier, intitulée «L'arrache-coeur», apparaît à prime abord comme un ensemble comprenant deux immenses mosaïques accrochées aux murs, de chaque côté d'un couloir dans lequel le visiteur doit entrer pour voir ce qui s'y trouve.
A première vue, l'objet ou le sujet traité par l'artiste dans ces quelque 300 petits tableaux de bois, de cuir, de papier aux teintes sombres, entourés de cadres métalliques et répartis en deux groupes, n'apparaît pas clairement. On distingue des fragments colorés, des taches, des froissements, des pigments, des creux et des soulèvements. Mais la constance de la forme apparaissant au centre de chaque tableau finit par s'imposer: ce sont indéniablement des représentations ou évocations du sexe féminin.
Et c'est bien là le propos de l'artiste, qui veut, comme l'indiquent les textes accompagnant l'exposition, témoigner des mutilations sexuelles dont ont été victimes jusqu'à maintenant 120 millions de femmes à travers le monde. Rituels destinés à préserver la virginité des filles, l'excision et l'infibulation touchent chaque année plus de deux millions de femmes. Chaque jour, dit-on, 6000 fillettes et jeunes filles subissent ces coutumes barbares.
Symbolique
Cependant, l'évocation de ces pratiques dans l'oeuvre de Nathalie Maranda n'a rien de choquant: tout est traité de façon symbolique, totalement transfiguré par une
décembre 2002
par Denise Pelletier
(DP) - L'installation que présente Nathalie Maranda au Centre national d'exposition jusqu'au 26 janvier, intitulée «L'arrache-coeur», apparaît à prime abord comme un ensemble comprenant deux immenses mosaïques accrochées aux murs, de chaque côté d'un couloir dans lequel le visiteur doit entrer pour voir ce qui s'y trouve.
A première vue, l'objet ou le sujet traité par l'artiste dans ces quelque 300 petits tableaux de bois, de cuir, de papier aux teintes sombres, entourés de cadres métalliques et répartis en deux groupes, n'apparaît pas clairement. On distingue des fragments colorés, des taches, des froissements, des pigments, des creux et des soulèvements. Mais la constance de la forme apparaissant au centre de chaque tableau finit par s'imposer: ce sont indéniablement des représentations ou évocations du sexe féminin.
Et c'est bien là le propos de l'artiste, qui veut, comme l'indiquent les textes accompagnant l'exposition, témoigner des mutilations sexuelles dont ont été victimes jusqu'à maintenant 120 millions de femmes à travers le monde. Rituels destinés à préserver la virginité des filles, l'excision et l'infibulation touchent chaque année plus de deux millions de femmes. Chaque jour, dit-on, 6000 fillettes et jeunes filles subissent ces coutumes barbares.
Symbolique
Cependant, l'évocation de ces pratiques dans l'oeuvre de Nathalie Maranda n'a rien de choquant: tout est traité de façon symbolique, totalement transfiguré par une
Daniel Dutil
La deuxième vie des pierres
octobre 2002
par Denise Pelletier
(DP) - Reprendre une exposition, 25 ans plus tard: c'est une occasion qui se présente rarement aux créateurs en arts visuels. Et c'est une des raisons pour lesquelles Daniel Dutil se réjouit d'avoir pu, pendant l'été et jusqu'à aujourd'hui, faire un tel exercice à la Pulperie.
La direction de la Pulperie et le conservateur Alayn Ouellet lui ont en effet proposé de présenter à nouveau l'installation «Pierres», qu'il avait créée en 1976 à l'UQAC. Il l'a fait en y apportant les modifications entraînées par le lieu d'exposition et aussi par les développements de la technologie, nous explique-t-il lors d'une rencontre dans l'édifice 1921 de La Pulperie, sur les lieux de l'installation.
Il a d'abord rebaptisé son oeuvre «Remind/Re-wind, Réflexion sur Pierre», allusion au temps passé et à l'aller-retour temporel que représente l'exercice. L'installation comprend des photos qui furent prises près du pavillon de l'Université du Québec à Chicoutimi, qui venait juste d'ouvrir ses portes, dans le stationnement qui n'était pas encore pavé. Le photographe avait dirigé son objectif vers le sol, et les photos montrent des parcelles de cette surface, étroitement cadrées. Sur un fond de pierre concassée, on peut apercevoir des traces laissées par les humains ou par la nature: touffe d'herbe, emballages de cigarettes (l'un de marque Caporal) ou de gomme à mâcher (Juicy Fruit), morceaux de tissu, canette en métal, aile de bicyclette, coquillage. Elles sont posées par terre, sur de la pierre concassées dans laquelle le visiteur marche, en séries de carreaux juxtaposés.
«C'était une oeuvre charnière pour moi, parce que c’était la première fois que je quittais la photo traditionnelle pour intégrer d'autres médiums, pour occuper davantage l’espace et introduire la notion d’interactivité dans mon travail», dit Daniel Dutil. Celui-ci a d'ailleurs réalisé une autre installation in situ lors de la première réouverture de la Pulperie, en 1996, ouverture qui fut vite suivie d'une fermeture ... pour cause de déluge.
octobre 2002
par Denise Pelletier
(DP) - Reprendre une exposition, 25 ans plus tard: c'est une occasion qui se présente rarement aux créateurs en arts visuels. Et c'est une des raisons pour lesquelles Daniel Dutil se réjouit d'avoir pu, pendant l'été et jusqu'à aujourd'hui, faire un tel exercice à la Pulperie.
La direction de la Pulperie et le conservateur Alayn Ouellet lui ont en effet proposé de présenter à nouveau l'installation «Pierres», qu'il avait créée en 1976 à l'UQAC. Il l'a fait en y apportant les modifications entraînées par le lieu d'exposition et aussi par les développements de la technologie, nous explique-t-il lors d'une rencontre dans l'édifice 1921 de La Pulperie, sur les lieux de l'installation.
Il a d'abord rebaptisé son oeuvre «Remind/Re-wind, Réflexion sur Pierre», allusion au temps passé et à l'aller-retour temporel que représente l'exercice. L'installation comprend des photos qui furent prises près du pavillon de l'Université du Québec à Chicoutimi, qui venait juste d'ouvrir ses portes, dans le stationnement qui n'était pas encore pavé. Le photographe avait dirigé son objectif vers le sol, et les photos montrent des parcelles de cette surface, étroitement cadrées. Sur un fond de pierre concassée, on peut apercevoir des traces laissées par les humains ou par la nature: touffe d'herbe, emballages de cigarettes (l'un de marque Caporal) ou de gomme à mâcher (Juicy Fruit), morceaux de tissu, canette en métal, aile de bicyclette, coquillage. Elles sont posées par terre, sur de la pierre concassées dans laquelle le visiteur marche, en séries de carreaux juxtaposés.
«C'était une oeuvre charnière pour moi, parce que c’était la première fois que je quittais la photo traditionnelle pour intégrer d'autres médiums, pour occuper davantage l’espace et introduire la notion d’interactivité dans mon travail», dit Daniel Dutil. Celui-ci a d'ailleurs réalisé une autre installation in situ lors de la première réouverture de la Pulperie, en 1996, ouverture qui fut vite suivie d'une fermeture ... pour cause de déluge.
Nicolas de La Sablonnière
Chaque toile est une aventure unique
octobre 2002
par Denise Pelletier
(DP) - De la Sablonnière: le nom semble familier aux gens du Saguenay, où cette famille est nombreuse. L'un des membres de cette famille, Nicolas de son prénom, est peintre. Il a déjà participé à une exposition collective dans son Saguenay natal, exposé à quelques reprises à Montréal où il vit maintenant, mais c'est la première fois qu'il présente une exposition solo dans sa région. Cela se passe au Côté-Cour de Jonquière, l'exposition est une présentation de Médium: marge, collectif qui s'est donné comme objectif de soutenir et de diffuser le travail des artistes de la relève.
Après avoir exploré et étudié divers moyens d'expression artistique, incluant le cinéma, Nicolas de La Sablonnière en a conclu que c'était la peinture et rien d'autre qui l'intéressait. La peinture à l'huile, précise-t-il lors d'un entretien sur les lieux mêmes de l'exposition. C'est cette discipline et ce médium qui lui permettent le mieux d'exprimer ce qu'il a à dire. «Mon sujet c'est l'être humain, mais j'évite de m'attacher à une thématique», dit-il en présentant la vingtaine de toiles accrochées aux murs du Côté-Cour, qui, en effet, abordent des sujets fort variés.
Peindre une toile, pour lui, c'est comme se jeter dans le feu: «je pars à la recherche de ce qui se passe à l'intérieur de moi-même et je laisse arriver les choses, sans m'imposer aucune contrainte», explique-t-il. Ses toiles sont parsemées d'éléments symboliques, qu'il combine volontiers avec des images réalistes.
octobre 2002
par Denise Pelletier
(DP) - De la Sablonnière: le nom semble familier aux gens du Saguenay, où cette famille est nombreuse. L'un des membres de cette famille, Nicolas de son prénom, est peintre. Il a déjà participé à une exposition collective dans son Saguenay natal, exposé à quelques reprises à Montréal où il vit maintenant, mais c'est la première fois qu'il présente une exposition solo dans sa région. Cela se passe au Côté-Cour de Jonquière, l'exposition est une présentation de Médium: marge, collectif qui s'est donné comme objectif de soutenir et de diffuser le travail des artistes de la relève.
Après avoir exploré et étudié divers moyens d'expression artistique, incluant le cinéma, Nicolas de La Sablonnière en a conclu que c'était la peinture et rien d'autre qui l'intéressait. La peinture à l'huile, précise-t-il lors d'un entretien sur les lieux mêmes de l'exposition. C'est cette discipline et ce médium qui lui permettent le mieux d'exprimer ce qu'il a à dire. «Mon sujet c'est l'être humain, mais j'évite de m'attacher à une thématique», dit-il en présentant la vingtaine de toiles accrochées aux murs du Côté-Cour, qui, en effet, abordent des sujets fort variés.
Peindre une toile, pour lui, c'est comme se jeter dans le feu: «je pars à la recherche de ce qui se passe à l'intérieur de moi-même et je laisse arriver les choses, sans m'imposer aucune contrainte», explique-t-il. Ses toiles sont parsemées d'éléments symboliques, qu'il combine volontiers avec des images réalistes.
Daniel Dutil
Un parcours le long du Saguenay
octobre 2002
par Denise Pelletier
(DP) - Saguenéen d’adoption, Daniel Dutil n’a nullement l’intention de quitter la région une fois la retraite venue. Partir de chez lui, à Jonquière, pour se rendre à Chicoutimi en longeant le boulevard Saguenay, observer les différentes variations de la lumière (son matériau de base après tout) sur le Saguenay selon l’heure, le jour, le temps ou le vent qu’il fait, il s’y est habitué et pourrait difficilement s’en passer.
Il a découvert la photographie quand un professeur du secondaire lui a mis une caméra entre les mains et donné quelques conseils pour réaliser des images. Le temps du collégial venu, il a décidé de quitter son Lac Saguay natal pour s'inscrire au nouveau cours de technologie des communications, l'ancêtre du programme d'Art et technologie des médias, qui venait d'être ouvert au Cégep de Jonquière. C'était il y a 30 ans: il a pris l’autobus pour Jonquière, où il n'avait jamais mis les pieds. Il voulait bien sûr développer ses connaissances en photo. Il a suivi notamment des cours donnés par Hans Kreber, qui a été son guide et son mentor. C'était la photo d’illustration publicitaire qui l'attirait alors.
Il a d’ailleurs travaillé un temps pour le publicitaire Claude Cossette, à Québec. Il a été animateur culturel au CNE, puis il s'est inscrit au Baccalauréat en enseignement des Arts Plastiques à l'UQAC, où il a aussi fait une maîtrise quelques années plus tard.
«J'ai eu beaucoup de contacts avec diverses formes d’art, et d’échanges avec des créateurs, et ma vision de la photo a commencé à changer. J’ai eu envie de la développer dans l’espace, d’explorer d’autres dimensions, d’intégrer la vidéo et la sculpture à mes créations». Et c’est ainsi qu'est née sa première installation: «Pierres», en 1976.
Il a été l'année suivante engagé comme professeur au Département des Arts du Cégep de Chicoutimi, où il enseigne toujours. Il a été aussi pendant plusieurs années chargé de cours en photographie et sculpture à l'UQAC et demeure fort actif dans le milieu de l'enseignement des arts collégial et universitaire. Le contact avec les étudiants est important: il lui permet d’équilibrer deux aspects de sa pratique, création et enseignement. «Les étudiants nous font progresser, c’est comme une formation continue», dit-il.
Depuis 25 ans, Daniel Dutil a offert une dizaine d'installations et d'expositions individuelles, et participé à près de 50 expositions collectives, dans la région et à l'extérieur. Il a aussi réalisé une quinzaine d'oeuvres publiques extérieures ou intégrées à des bâtiments ou à des sites. On lui doit par exemple la sculpture et verrière «Aire de transit lumière-matière», au Centre National d'exposition. Ainsi que d'autres sculptures murales ou verrières, entre autres à l'École Ste-Monique, à la bibliothèque de St-Félicien, au pavillon Wilbrod-Dufour d'Alma, à l'école St-Laurent de Jonquière et à l'école des Jolis-Prés de Laterrière. Et il a d'autres projets en tête.
Très actif dans le milieu de l'art régional, Daniel Dutil a participé à nombre d'activités d'intervention sociale et culturelle, à titre de concepteur et d'initiateur ou encore comme membre d'organisations, de galeries et pour la réalisation de divers projets collectifs.
octobre 2002
par Denise Pelletier
(DP) - Saguenéen d’adoption, Daniel Dutil n’a nullement l’intention de quitter la région une fois la retraite venue. Partir de chez lui, à Jonquière, pour se rendre à Chicoutimi en longeant le boulevard Saguenay, observer les différentes variations de la lumière (son matériau de base après tout) sur le Saguenay selon l’heure, le jour, le temps ou le vent qu’il fait, il s’y est habitué et pourrait difficilement s’en passer.
Il a découvert la photographie quand un professeur du secondaire lui a mis une caméra entre les mains et donné quelques conseils pour réaliser des images. Le temps du collégial venu, il a décidé de quitter son Lac Saguay natal pour s'inscrire au nouveau cours de technologie des communications, l'ancêtre du programme d'Art et technologie des médias, qui venait d'être ouvert au Cégep de Jonquière. C'était il y a 30 ans: il a pris l’autobus pour Jonquière, où il n'avait jamais mis les pieds. Il voulait bien sûr développer ses connaissances en photo. Il a suivi notamment des cours donnés par Hans Kreber, qui a été son guide et son mentor. C'était la photo d’illustration publicitaire qui l'attirait alors.
Il a d’ailleurs travaillé un temps pour le publicitaire Claude Cossette, à Québec. Il a été animateur culturel au CNE, puis il s'est inscrit au Baccalauréat en enseignement des Arts Plastiques à l'UQAC, où il a aussi fait une maîtrise quelques années plus tard.
«J'ai eu beaucoup de contacts avec diverses formes d’art, et d’échanges avec des créateurs, et ma vision de la photo a commencé à changer. J’ai eu envie de la développer dans l’espace, d’explorer d’autres dimensions, d’intégrer la vidéo et la sculpture à mes créations». Et c’est ainsi qu'est née sa première installation: «Pierres», en 1976.
Il a été l'année suivante engagé comme professeur au Département des Arts du Cégep de Chicoutimi, où il enseigne toujours. Il a été aussi pendant plusieurs années chargé de cours en photographie et sculpture à l'UQAC et demeure fort actif dans le milieu de l'enseignement des arts collégial et universitaire. Le contact avec les étudiants est important: il lui permet d’équilibrer deux aspects de sa pratique, création et enseignement. «Les étudiants nous font progresser, c’est comme une formation continue», dit-il.
Depuis 25 ans, Daniel Dutil a offert une dizaine d'installations et d'expositions individuelles, et participé à près de 50 expositions collectives, dans la région et à l'extérieur. Il a aussi réalisé une quinzaine d'oeuvres publiques extérieures ou intégrées à des bâtiments ou à des sites. On lui doit par exemple la sculpture et verrière «Aire de transit lumière-matière», au Centre National d'exposition. Ainsi que d'autres sculptures murales ou verrières, entre autres à l'École Ste-Monique, à la bibliothèque de St-Félicien, au pavillon Wilbrod-Dufour d'Alma, à l'école St-Laurent de Jonquière et à l'école des Jolis-Prés de Laterrière. Et il a d'autres projets en tête.
Très actif dans le milieu de l'art régional, Daniel Dutil a participé à nombre d'activités d'intervention sociale et culturelle, à titre de concepteur et d'initiateur ou encore comme membre d'organisations, de galeries et pour la réalisation de divers projets collectifs.
Jérôme Bouchard
Des images pour Baie-Saint-Paul
août 2002
par Denise Pelletier
(DP) - Régulièrement depuis 20 ans, des artistes saguenéens et jeannois participent au Symposium international d’art contemporain de Baie-Saint-Paul, dont le directeur artistique est l'artiste et professeur d'art saguenéen Paul Lussier. C'est encore le cas cette année, alors que Jérôme Bouchard y est présent comme artiste sélectionné, et que Bruno Tremblay est l’un des artistes invités. En entrevue à nos bureaux, les deux créateurs nous expliquent la démarche qu’ils accomplissent pendant l’événement, commencé le 2 août et qui doit se terminer le 2 septembre.
(...)
Le parcours de Jérôme Bouchard est totalement différent puisqu’il se destinait d’abord ... à la musique. Il a remporté le concours Cégep Rock avec son groupe, les Messagers alunés du Cégep d’Alma, et c'est d'abord pour la musique que ce Félicinois d'origine est allé s’établir à Montréal, après avoir obtenu son diplôme en Art et technologies informatisées du Cégep d'Alma. Ses quelques incursions dans le domaine des arts visuels lui ont valu une certaine reconnaissance, notamment le prix Jeune artiste de la Biennale du dessin, de l'estampe et du papier matière du Québec, à Alma en 2001.
Deux semaines avant le début du Symposium, il s’est promené dans la ville de Baie St-Paul afin d’y recueillir des photos pour constituer une banque d'images. Plusieurs photos entre autres, d’une religieuse âgée, ce qui confère, selon lui, un côté mythique à son travail, puis d'autres personnes et des objets du quotidien. Sur place pendant le symposium, il numérise ses images et les transfère sur des toiles où il effectue des interventions picturales. Il crée des scènes d'ambiance en mettant un corps en relation avec des objets, de façon à faire ressortir la complexité de leurs rapports, à changer le regard et la perspective.
Tout comme celui de Bruno Tremblay, son travail fait appel à une certaine interaction entre lui et le milieu, par les photos d'origine, et aussi par le traitement et l'intégration des tensions pouvant surgir à la faveur des échanges avec les visiteurs.
Jérôme Bouchard termine actuellement un bac en arts visuels à l'Université de Montréal et compte ensuite produire beaucoup en atelier. Attiré aussi par la bande dessinée, il n'a pas pour autant délaissé la musique, la composition et l'échantillonnage et il a mis en chantier un projet de disque.
Les deux créateurs, dont le travail repose en bonne partie sur la notion de série, s'accordent pour dire que dans un événement comme celui de Baie Saint-Paul, qui doit se terminer le 2 septembre, il est impossible de tout prévoir: les artistes soumettent un projet, une proposition de travail, mais sur place, tout peut changer: on ne peut pas tout prévoir et il faut rester ouvert, disent-il. Ils estiment aussi que la présentation, pendant l'été à Baie St-Paul, de l'exposition «Le miroir aux alouettes», regroupant des oeuvres des 13 artistes du Symposium, est une initiative fort louable, qui permet aux visiteurs de mieux apprécier leur rencontre avec les artistes.
août 2002
par Denise Pelletier
(DP) - Régulièrement depuis 20 ans, des artistes saguenéens et jeannois participent au Symposium international d’art contemporain de Baie-Saint-Paul, dont le directeur artistique est l'artiste et professeur d'art saguenéen Paul Lussier. C'est encore le cas cette année, alors que Jérôme Bouchard y est présent comme artiste sélectionné, et que Bruno Tremblay est l’un des artistes invités. En entrevue à nos bureaux, les deux créateurs nous expliquent la démarche qu’ils accomplissent pendant l’événement, commencé le 2 août et qui doit se terminer le 2 septembre.
(...)
Le parcours de Jérôme Bouchard est totalement différent puisqu’il se destinait d’abord ... à la musique. Il a remporté le concours Cégep Rock avec son groupe, les Messagers alunés du Cégep d’Alma, et c'est d'abord pour la musique que ce Félicinois d'origine est allé s’établir à Montréal, après avoir obtenu son diplôme en Art et technologies informatisées du Cégep d'Alma. Ses quelques incursions dans le domaine des arts visuels lui ont valu une certaine reconnaissance, notamment le prix Jeune artiste de la Biennale du dessin, de l'estampe et du papier matière du Québec, à Alma en 2001.
Deux semaines avant le début du Symposium, il s’est promené dans la ville de Baie St-Paul afin d’y recueillir des photos pour constituer une banque d'images. Plusieurs photos entre autres, d’une religieuse âgée, ce qui confère, selon lui, un côté mythique à son travail, puis d'autres personnes et des objets du quotidien. Sur place pendant le symposium, il numérise ses images et les transfère sur des toiles où il effectue des interventions picturales. Il crée des scènes d'ambiance en mettant un corps en relation avec des objets, de façon à faire ressortir la complexité de leurs rapports, à changer le regard et la perspective.
Tout comme celui de Bruno Tremblay, son travail fait appel à une certaine interaction entre lui et le milieu, par les photos d'origine, et aussi par le traitement et l'intégration des tensions pouvant surgir à la faveur des échanges avec les visiteurs.
Jérôme Bouchard termine actuellement un bac en arts visuels à l'Université de Montréal et compte ensuite produire beaucoup en atelier. Attiré aussi par la bande dessinée, il n'a pas pour autant délaissé la musique, la composition et l'échantillonnage et il a mis en chantier un projet de disque.
Les deux créateurs, dont le travail repose en bonne partie sur la notion de série, s'accordent pour dire que dans un événement comme celui de Baie Saint-Paul, qui doit se terminer le 2 septembre, il est impossible de tout prévoir: les artistes soumettent un projet, une proposition de travail, mais sur place, tout peut changer: on ne peut pas tout prévoir et il faut rester ouvert, disent-il. Ils estiment aussi que la présentation, pendant l'été à Baie St-Paul, de l'exposition «Le miroir aux alouettes», regroupant des oeuvres des 13 artistes du Symposium, est une initiative fort louable, qui permet aux visiteurs de mieux apprécier leur rencontre avec les artistes.
Bruno Tremblay
Symposium de Baie-Saint-Paul: une invitation stimulante
août 2002
par Denise Pelletier
(DP) - Régulièrement depuis 20 ans, des artistes saguenéens et jeannois participent au Symposium international d’art contemporain de Baie-Saint-Paul, dont le directeur artistique est l'artiste et professeur d'art saguenéen Paul Lussier. C'est encore le cas cette année, alors que Jérôme Bouchard y est présent comme artiste sélectionné, et que Bruno Tremblay est l’un des artistes invités. En entrevue à nos bureaux, les deux créateurs nous expliquent la démarche qu’ils accomplissent pendant l’événement, commencé le 2 août et qui doit se terminer le 2 septembre.
Bruno Tremblay, peintre de formation, utilise maintenant la photo pour constituer le matériau de base de son travail. Il photographie les visiteurs qui acceptent de se prêter au jeu en se plaçant derrière un écran spécial, technique qui permettra de ne conserver qu'une ombre, une silhouette, une ligne évoquant un profil. Avec ces formes, qu'il place, déplace, juxtapose, superpose, il réalise des montages d'images en noir et blanc plutôt abstraites.
Il les imprime et les plonge ensuite dans l’encaustique, une technique qui caractérise son travail depuis quelques années déjà. «J’utilise un papier mat spécial qui peut boire la cire, ce qui permet d'obtenir des effets brillants et translucides», dit-il, expliquant qu’il cherche à proposer un questionnement sur les médiums et sur l'espace, assorti d'un propos humaniste.
Par ailleurs, travailler au Symposium de Baie St-Paul constitue une expérience tout à fait intéressante pour lui comme pour les autres créateurs: «les visiteurs sont nombreux, et quand j'aurais le goût de travailler seul en atelier plutôt que de leur parler, j'essaie d'intégrer à mon travail la tension suscitée par ce «désir», dit Bruno Tremblay, qui augmente le niveau d’interaction en demandant aux passants de lui «prêter» leur silhouette.
Natif de La Baie, Bruno Tremblay a terminé sa maîtrise en arts plastique à l’UQAC, puis s'est établi à Montréal. L'an dernier, il obtenait une bourse du CALQ pour une résidence d’artiste à Bâle, en Suisse. Il a exposé le travail effectué pendant cette période à la galerie Séquence au printemps dernier, sous le titre Entre temps, puis décidé de retourner à Bâle, pour y poursuivre notamment une collaboration avec l’artiste Philipp Gasser, continuer à travailler en atelier, rechercher des moyens pour diffuser son travail, et produire en s’inspirant peut-être de l’expérience esthétique et artistique vécue à Baie St-Paul.
août 2002
par Denise Pelletier
(DP) - Régulièrement depuis 20 ans, des artistes saguenéens et jeannois participent au Symposium international d’art contemporain de Baie-Saint-Paul, dont le directeur artistique est l'artiste et professeur d'art saguenéen Paul Lussier. C'est encore le cas cette année, alors que Jérôme Bouchard y est présent comme artiste sélectionné, et que Bruno Tremblay est l’un des artistes invités. En entrevue à nos bureaux, les deux créateurs nous expliquent la démarche qu’ils accomplissent pendant l’événement, commencé le 2 août et qui doit se terminer le 2 septembre.
Bruno Tremblay, peintre de formation, utilise maintenant la photo pour constituer le matériau de base de son travail. Il photographie les visiteurs qui acceptent de se prêter au jeu en se plaçant derrière un écran spécial, technique qui permettra de ne conserver qu'une ombre, une silhouette, une ligne évoquant un profil. Avec ces formes, qu'il place, déplace, juxtapose, superpose, il réalise des montages d'images en noir et blanc plutôt abstraites.
Il les imprime et les plonge ensuite dans l’encaustique, une technique qui caractérise son travail depuis quelques années déjà. «J’utilise un papier mat spécial qui peut boire la cire, ce qui permet d'obtenir des effets brillants et translucides», dit-il, expliquant qu’il cherche à proposer un questionnement sur les médiums et sur l'espace, assorti d'un propos humaniste.
Par ailleurs, travailler au Symposium de Baie St-Paul constitue une expérience tout à fait intéressante pour lui comme pour les autres créateurs: «les visiteurs sont nombreux, et quand j'aurais le goût de travailler seul en atelier plutôt que de leur parler, j'essaie d'intégrer à mon travail la tension suscitée par ce «désir», dit Bruno Tremblay, qui augmente le niveau d’interaction en demandant aux passants de lui «prêter» leur silhouette.
Natif de La Baie, Bruno Tremblay a terminé sa maîtrise en arts plastique à l’UQAC, puis s'est établi à Montréal. L'an dernier, il obtenait une bourse du CALQ pour une résidence d’artiste à Bâle, en Suisse. Il a exposé le travail effectué pendant cette période à la galerie Séquence au printemps dernier, sous le titre Entre temps, puis décidé de retourner à Bâle, pour y poursuivre notamment une collaboration avec l’artiste Philipp Gasser, continuer à travailler en atelier, rechercher des moyens pour diffuser son travail, et produire en s’inspirant peut-être de l’expérience esthétique et artistique vécue à Baie St-Paul.
Roberto Pellegrinuzzi
Quand le visage devient paysage
juillet 2002
par Denise Pelletier
(DP) - Roberto Pellegrinuzzi a installé ses oeuvres photographiques à la galerie Séquence pour l'été. Cet artiste québécois reconnu internationalement explore depuis plusieurs années la technique, le discours et le sujet photographiques, qu'il réunit dans une vision poétique originale.
Parmi les quelques volets de son travail présentés dans les trois salles de la galerie, le plus frappant est la série «Les écorchés», notamment les deux montages représentant des visages en très, très gros plan. Chaque image a été réalisée à partir de 63 négatifs différents captés en direct en déplaçant légèrement l'objectif sur le visage de ses sujets, Claire et Pierre.
Ce déplacement a été fait de la façon la plus fluide possible, mais les mouvements de la caméra et des sujets, inévitables étant donné le long temps requis pour réaliser les photos, se retrouvent dans les raccords imparfaits entre les images et deviennent partie intégrante de l'oeuvre. Ce qui confère au travail, présenté sous forme d'impression numérique réalisée à partir des négatifs, une dimension humaine: l'exposition en extrême gros plan de chaque détail de ces deux visages met en lumière la fragilité, celle de l'artiste et celle des sujets.
Le visage de chacun de ceux-ci devient ainsi une sorte de paysage que l'on parcourt des yeux, détaillant, comme s'il s'agissait de montagnes, de vallées ou d'arbres,
juillet 2002
par Denise Pelletier
(DP) - Roberto Pellegrinuzzi a installé ses oeuvres photographiques à la galerie Séquence pour l'été. Cet artiste québécois reconnu internationalement explore depuis plusieurs années la technique, le discours et le sujet photographiques, qu'il réunit dans une vision poétique originale.
Parmi les quelques volets de son travail présentés dans les trois salles de la galerie, le plus frappant est la série «Les écorchés», notamment les deux montages représentant des visages en très, très gros plan. Chaque image a été réalisée à partir de 63 négatifs différents captés en direct en déplaçant légèrement l'objectif sur le visage de ses sujets, Claire et Pierre.
Ce déplacement a été fait de la façon la plus fluide possible, mais les mouvements de la caméra et des sujets, inévitables étant donné le long temps requis pour réaliser les photos, se retrouvent dans les raccords imparfaits entre les images et deviennent partie intégrante de l'oeuvre. Ce qui confère au travail, présenté sous forme d'impression numérique réalisée à partir des négatifs, une dimension humaine: l'exposition en extrême gros plan de chaque détail de ces deux visages met en lumière la fragilité, celle de l'artiste et celle des sujets.
Le visage de chacun de ceux-ci devient ainsi une sorte de paysage que l'on parcourt des yeux, détaillant, comme s'il s'agissait de montagnes, de vallées ou d'arbres,
Natasha Hébert
Des femmes, des rencontres, sources de création
mai 2002
(DP) - L'exposition Amazonas Urbanas, de Natasha Hébert, comprend d'abord plusieurs grandes toiles accrochées au mur, et, au mur également, une série de sculptures réalisées à partir de bois de grève. Au fond de la salle, deux grandes voiles blanches triangulaires vont du plafond au plancher, surplombant un quai central formé de plates-formes de bois qui supportent différents objets.
Cette structure centrale évoque indéniablement le processus, le travail, les étapes qui mènent à la réalisation des oeuvres: on y trouve, posées comme au hasard et sans ordre défini, des photos abstraites portant divers motifs, deux grandes toiles non encadrées dont le bord supérieur est replié, qui évoquent, en deux séries de teintes, les amazones de Barcelone présentes au mur, une autre toile toute froissée. Et différents matériaux éparpillés, bouts de tuyaux, morceaux de plâtre et de métal, que l'artiste a récupérés en fouillant dans les poubelles du CNE (bien garnies en cette période de travaux de construction) quelque temps avant le vernissage.
mai 2002
(DP) - L'exposition Amazonas Urbanas, de Natasha Hébert, comprend d'abord plusieurs grandes toiles accrochées au mur, et, au mur également, une série de sculptures réalisées à partir de bois de grève. Au fond de la salle, deux grandes voiles blanches triangulaires vont du plafond au plancher, surplombant un quai central formé de plates-formes de bois qui supportent différents objets.
Cette structure centrale évoque indéniablement le processus, le travail, les étapes qui mènent à la réalisation des oeuvres: on y trouve, posées comme au hasard et sans ordre défini, des photos abstraites portant divers motifs, deux grandes toiles non encadrées dont le bord supérieur est replié, qui évoquent, en deux séries de teintes, les amazones de Barcelone présentes au mur, une autre toile toute froissée. Et différents matériaux éparpillés, bouts de tuyaux, morceaux de plâtre et de métal, que l'artiste a récupérés en fouillant dans les poubelles du CNE (bien garnies en cette période de travaux de construction) quelque temps avant le vernissage.
Natasha Hébert
Errances urbaines et photomontage
mai 2002
par Denise Pelletier
(DP) - De ses voyages, errances et rencontres dans les grandes cités du monde et dans les petites villes du Québec, Natasha Hébert rapporte des «amazones urbaines». Elle les a d'ailleurs installées en quelque sorte dans son alma mater, le Centre national d'exposition où, quand elle était jeune, elle a suivi des cours de musique et d'arts plastiques. C'est aussi là qu'elle a vu sa première exposition en art contemporain.
«Le centre culturel a joué un rôle important dans mes choix de vie, explique l'artiste née à Arvida, qui présente donc au CNE pendant tout l'été une exposition-installation intitulée «Amazonas urbanas».
Mais qui est donc Natasha Hébert, cette jeune artiste qui a vécu et voyagé dans les grandes villes du monde? Nous le lui avons tout simplement demandé, lors d'une entrevue réalisée sur les lieux même de son exposition.
Sensibilisée depuis son enfance à la création artistique et attirée par ce domaine, elle a étudié en arts au Cégep, puis en histoire de l'art à l'Université Laval. Elle s'est ensuite installée à Rivière-du-Loup, où elle a dirigé le centre culturel, et enseigné les arts au Cégep pendant quatre ans.
Mais il y a trois ans, elle en a eu assez de cette petite vie tranquille, qui semblait vouée à l'accumulation d'objets et de possessions. Elle a donné, vendu, bradé, réduit tous ses avoirs au contenu d'une petite valise, où d'ailleurs l'objet le plus important est un appareil photo, et elle est partie, comme ça.
mai 2002
par Denise Pelletier
(DP) - De ses voyages, errances et rencontres dans les grandes cités du monde et dans les petites villes du Québec, Natasha Hébert rapporte des «amazones urbaines». Elle les a d'ailleurs installées en quelque sorte dans son alma mater, le Centre national d'exposition où, quand elle était jeune, elle a suivi des cours de musique et d'arts plastiques. C'est aussi là qu'elle a vu sa première exposition en art contemporain.
«Le centre culturel a joué un rôle important dans mes choix de vie, explique l'artiste née à Arvida, qui présente donc au CNE pendant tout l'été une exposition-installation intitulée «Amazonas urbanas».
Mais qui est donc Natasha Hébert, cette jeune artiste qui a vécu et voyagé dans les grandes villes du monde? Nous le lui avons tout simplement demandé, lors d'une entrevue réalisée sur les lieux même de son exposition.
Sensibilisée depuis son enfance à la création artistique et attirée par ce domaine, elle a étudié en arts au Cégep, puis en histoire de l'art à l'Université Laval. Elle s'est ensuite installée à Rivière-du-Loup, où elle a dirigé le centre culturel, et enseigné les arts au Cégep pendant quatre ans.
Mais il y a trois ans, elle en a eu assez de cette petite vie tranquille, qui semblait vouée à l'accumulation d'objets et de possessions. Elle a donné, vendu, bradé, réduit tous ses avoirs au contenu d'une petite valise, où d'ailleurs l'objet le plus important est un appareil photo, et elle est partie, comme ça.